Il semblerait que les dernières actions de RFF et d’Infrabel aient involontairement porté leurs fruits. En effet, dans le courant du mois de janvier, RFF avait commencé à retirer les parties doubles de la voie Dunkerque Adinkerque afin de construire une voie verte pour les cyclistes. Dans la nuit du 25 au 26 janvier, Infrabel avait mis hors service la signalisation ainsi que les aiguillages connectant la section Adinkerque Deinze à Adinkerque Bray-Dunes afin de préparer l’installation de l’ERTMS (European Rail Train Management System) sur la ligne Adinkerque – Gand.

Ces deux actions ont provoqué la consternation dans les journaux, à la télévision et sur les réseaux sociaux. Une ligne pratiquement tombée dans l’oubli général passe d’un coup sur les devants de l’actualité. Des pétitions en ligne ont été lancées, une réunion dans un café dunkerque à été organisée, des questions ont été posées au sénat belge et par hasard (ce qui ne peut en être un), le 14 février la carte de transports en communs transfrontaliers a été présentée.

Les conclusions de cette présentation ont été écrites il y a quatre ans dans l’article « Les transports en commun entre la Flandre française et occidentale » de Den draed. Il n’est encore aucunement question d’un plan d’action, il faut tout d’abord faire une analyse revenus/coûts.

L’un parle d’un train, l’autre d’un tramway, l’autre de Lightrail, personne ne parle de transport de marchandises qui pourrait contribuer à une diminution des pertes d’exploitation. Dans l’économie ferroviaire, il ya deux parties qui doivent gagner de l’argent, le gestionnaire d’infrastructure et la compagnie de chemin de fer. A chaque fois qu’une compagnie de chemin de fer fait rouler un train, cette dernière paie un péage au gestionnaire d’infrastructure. En d’autres termes, au plus de trains roulent sur une ligne de chemin de fer, au plus le gestionnaire d’infrastructure va gagner de l’argent, au plus ce dernier sera positif quant au fait de rouvrir une ligne ou de diminuer le péage qui contribuerait à la réduction de la perte d’exploitation pour la compagnie ferroviaire.

Certains parlent de faire rouler des trains français jusqu’Adinkerque ce qui est en fait une mauvaise idée et qui a dans le passé causait la fermeture de la ligne du fait d’un nombre insuffisant de passagers. Pour ceux qui ne savent pas, depuis 2009, tous les nouveaux trains français sont équipés de l’ERTMS, système qui va justement être installé sur la ligne entre Adinkerque et Gand … Pour un véritable succès de la ligne, il est nécessaire de faire rouler les trains sans changement de l’aéroport de Bruxelles à la gare de Calais fréthun.

Il y a quatre ans de cela, Den draed avait écrit un article sur la façon de gérer la ligne Dunkerque – Adinkerque sans causer des pertes astronomiques.

Infrabel a déjà indiqué qu’elle est prête à rouvrir la section de 3km de la ligne sous sa responsabilité sur demande de la France.

Maintenant la question est si les différents acteurs (CUD, Groupement Européen Collaboration Territoriale, gouvernement flamand …) seront suffisamment ambitieux dans ce dossier. De leur ambition et volonté dépendra la réouverture et le succès de cette ligne.

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